1, 2, 3 soleil !, 2026
Installation audiovisuelle
1 vidéoprojecteur, 2 haut-parleurs
Dimensions variables

Le travail de formation des regards, amorcé avec les cartes postales, se poursuit au XXe siècle avec le cinéma. Le film Mérignac ville verte, réalisé en 1970, en est un exemple archétypique tant il fonctionne comme un outil de communication politique, construisant un récit flatteur des actions menées par le maire socialiste Robert Brettes. Modernité des infrastructures, technicité des industries, bienfaits des aménagements urbains, mobilité des corps, rénovation des lieux de culte et action sociale : tout concourt à construire une vision univoque de la ville et de son « progrès ».

 

La « ville verte » fièrement annoncée par le titre apparaît alors moins comme un constat que comme une formule : un label destiné à renforcer l’éloge, davantage qu’à interroger les effets concrets des politiques urbaines. 1, 2, 3 Soleil ! prend ce message à rebours : l’installation met en abyme le récit, en souligne les ellipses, les hiérarchies et les formules visuelles. En rejouant, puis en faisant dérailler ses dispositifs de persuasion, elle invite à voir non seulement ce qui est montré, mais aussi la manière dont cela nous apprend à regarder.