Les ombres des lavandières, 2026
Installation immersive
Conseils et fabrication : Yann Grolleau
Plaques de Plexiglas gravées et découpées au laser sur structure métallique, 3 moteurs, lumières LED, 3 draps, 2 ventilateurs, barres d’accroche
Dimensions : 10 m x 6 x 2 m

Située en périphérie de Bordeaux, Mérignac a vu nombre de femmes exercer le métier de lavandière au moins depuis le début du XIXe siècle. Toute une chaîne économique et une organisation sociale, majoritairement féminine, permettaient au linge des familles bordelaises de traverser le territoire pour être blanchi à la fontaine d’Arlac et sur les rives des Ontines, de la Devèze et du Peugue. Les prairies bordant les lavoirs du pont de Madame, de Labatut et de Lallemagne servaient alors à étendre le linge, sur des cordes ou à même l’herbe.

 

L’installation rend hommage à ces femmes et à cette activité aujourd’hui disparue, au point qu’une usine d’eau de Javel a même vu le jour à Arlac en 1845 pour accompagner ce travail. Gravées dans le Plexiglas, mises en mouvement par les moteurs, les silhouettes des lavandières, leurs outils et les paysages qu’elles fréquentaient se projettent sur des draps suspendus, animés par l’air des ventilateurs. Les images deviennent des présences fugitives, presque des apparitions : une mémoire au rythme du souffle et de la lumière. Dans la verrière de la médiathèque, Les ombres de lavandières rappelle la transformation des gestes, des métiers et des vies sous l’effet du progrès technique, et interroge ce que le territoire conserve, ou efface, de celles qui l’ont pourtant façonné.

 

Archives sélectionnées pour l’installation :