Lignes de temps, 2026
Installation
Feuilles de recensement de Mérignac (1936) imprimées et collées sur un mur, 44 cartes postales imprimées et encadrées
Dimensions : 7,53 x 3,1 m

Les spectateurs sont invités à activer la lampe torche de leur téléphone pour explorer les écritures des feuilles de recensement de 1936. Ce geste simple déplace l’archive, transformant la lecture en enquête et la consultation en expérience. Dans le faisceau surgissent des adresses, des noms, des âges, des situations familiales, des métiers : toute une cartographie administrative par laquelle une population est rendue lisible. La lumière découpe, sélectionne, hiérarchise, rejouant à l’échelle du corps la logique même de l’administration : voir, enregistrer, comparer. Entre ce qui se laisse lire et ce qui demeure invisible, l’installation met en scène une question centrale : que fabrique une archive lorsqu’elle prétend seulement conserver ?

 

Ce questionnement se prolonge par une double ligne horizontale de cartes postales et de photographies, accrochées sur le mur d’écritures. Datées pour la plupart de la première moitié du XXe siècle, ces images redonnent des corps, des visages, des gestes, des professions, des architectures et des paysages aux inscriptions qui leur servent d’arrière-plan. Elles font passer du lisible au visible, et révèlent, par le cadrage même des regards, comment se construisent des identités, des appartenances et des distances sociales.

Registre de recensement de la population, 1936.
Archives communales de Mérignac, 1 F 13.

Archives sélectionnées pour l’installation :