Punctum temporis, 2026
Installation sonore
3 écrans LED 55″
Dimensions : 395 x 62 cm

Une série de cartes postales et de photographies sert ici de prétexte à des voyages dans les espaces latents des intelligences artificielles. Si, pour Roland Barthes, le punctum est ce qui « nous pointe », autrement dit ce qui nous touche et nous atteint dans l’image, le punctum temporis déplacerait ce « point » vers le temps. Dans le mouvement donné aux images, dans la réanimation de ces mémoires mortes, quelque chose me capte et me fascine : un instant de bascule où l’image cesse d’être simplement regardée et devient événement, comme si elle tentait de se souvenir. Le spectateur est alors placé face à une temporalité instable, faite de retours, d’écarts et de reprises, où la machine fabrique autant qu’elle exhume.

 

Les images vibrent, subissent des effets de superposition, de dégradation et de soustraction, s’animent et se figent. L’image paraît hésiter, comme incapable de se stabiliser : elle oscille entre apparition et effacement, entre souvenir et preuve, entre cliché et trace. Dans cette instabilité même, le temps devient sensible. Ce n’est plus seulement ce que l’on voit qui importe, mais le moment où cela advient, se dérobe, revient.