Fin 1941-début 1942, le camp de Beaudésert peut contenir jusqu’à 455 internés, répartis dans une trentaine de baraquements.

Composé d’une trentaine de bâtiments, le camp est divisé en deux sections, isolées par des clôtures barbelées. De part et d’autre : un réfectoire et des baraques de plain-pied qui tiennent lieu de dortoirs où femmes et hommes dorment séparément. Ils y disposent de toilettes et d’un lavabo pour 40 personnes.

Une infirmerie est installée, avec une vingtaine de lits et, à l’entrée du camp, une salle est dédiée aux visites.

Les otages ou individus « dangereux » sont tenus à part dans des baraquements isolés par des barbelés. L’administration du camp, la gendarmerie et les gardes civils disposent de leurs propres locaux.
Une clôture de planches de bois et de barbelés, haute de 3 mètres, ferme l’enceinte du camp. À l’intérieur, mirador et guérites facilitent la surveillance des internés.

Plan schématique du camp d’internement de Mérignac. Rapport d’André Jean-Faure de l’inspection du 18 décembre 1941, 18 février 1942. Archives nationales, F/7/15099.
Plan schématique du camp d’internement de Mérignac.
Rapport d’André Jean-Faure de l’inspection du 18 décembre 1941, 18 février 1942.
Archives nationales, F/7/15099.

« Tout le camp est entouré par des fils de barbelés, des miradors et nous sommes gardés par des soldats en armes qui sont des gendarmes français ! »

Extrait de Zertako, biographie de Lucien Lévy, s.d.
Mémorial de la Shoah, Paris (France), 2.39909.

 

 

Clichés confidentiels

Autorisation de la Feldkommandantur de photographier au camp de Mérignac, 9 décembre 1941. Archives départementales de la Gironde, 103 W 4.
Autorisation de la Feldkommandantur de photographier au camp de Mérignac, 9 décembre 1941.
Archives départementales de la Gironde, 103 W 4.

Le 9 décembre 1941, la Feldkommandantur autorise la photographie du camp. Les clichés, soumis à son contrôle, doivent rester confidentiels. Ils apparaissent dans le rapport d’inspection du 18 décembre 1941.
Ces onze photographies détaillent les installations du camp, tout juste terminées et non occupées.

Des intitulés variables

Camp d’internement, camp de Mérignac, de Beaudésert ou Beau Désert, camp de Pichey… son nom évolue dans les documents d’archives, selon les périodes et les catégories d’internés.

Camp de nomades dans un premier temps (jusqu’au 1er décembre 1940), on distingue ensuite le centre de séjour surveillé (CSS) du camp des étrangers et les deux appellations coexistent.

En octobre 1941, René Rousseau, déjà directeur du CSS est nommé directeur pour l’ensemble du camp par le préfet. À cette occasion, les administrations des deux sections sont regroupées.

Dans les documents, l’appellation générique « camp d’internement » est la plus fréquente. C’est celle qui est retenue pour l’exposition.

 

Poste de gendarmerie du camp, décembre 1941.Photographie N et B, Studio Rolland Lhorme, Bordeaux. Archives départementales de la Gironde, 103 W 4.
Poste de gendarmerie du camp, décembre 1941.
Photographie N et B, Studio Rolland Lhorme, Bordeaux.
Archives départementales de la Gironde, 103 W 4.